La mydriase, c’est-à-dire la dilatation de la pupille, fait partie du fonctionnement normal de l’œil du chat. La pupille s’agrandit dans l’obscurité pour capter davantage de lumière et se rétracte en pleine luminosité. Ce mécanisme devient préoccupant lorsqu’une ou deux pupilles restent dilatées en permanence, y compris sous un éclairage vif, et que le chat présente des signes de malaise.
Anisocorie chez le chat : quand une seule pupille est dilatée
Avant de penser aux causes générales de mydriase, un cas particulier mérite une attention immédiate. L’anisocorie désigne une asymétrie entre les deux pupilles : l’une est nettement plus grande que l’autre.
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Ce décalage n’est jamais anodin. Selon WanimoVéto, une anisocorie chez le chat peut traduire une atteinte oculaire (uvéite, glaucome) ou neurologique. Elle ne doit pas être mise sur le compte du stress ou de l’excitation.
Un chat qui présente une pupille dilatée d’un seul côté nécessite un examen vétérinaire rapide, même en l’absence d’autres symptômes visibles. Le vétérinaire procédera à un examen ophtalmologique et, si nécessaire, à un bilan neurologique pour localiser l’origine du problème.
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Mydriase persistante et hypertension artérielle féline
Les concurrents évoquent souvent le stress ou l’excitation comme premières causes de pupilles dilatées. Une cause plus grave, parfois sous-estimée, est l’hypertension artérielle féline.
Chez le chat, une pression artérielle anormalement élevée peut provoquer un décollement de rétine. Ce décollement se manifeste notamment par des pupilles qui restent dilatées, une désorientation soudaine, et un chat qui semble ne plus voir les obstacles. Assur O’Poil et 4PattesVet établissent un lien direct entre pupilles dilatées, hypertension et décollement de rétine.
L’hypertension artérielle touche en particulier les chats âgés. Elle accompagne souvent une insuffisance rénale chronique ou une hyperthyroïdie. La mesure de la tension artérielle en clinique vétérinaire est un geste simple qui permet de confirmer ou d’écarter cette piste.
Signes associés à surveiller
La dilatation pupillaire seule ne suffit pas à poser un diagnostic. Ce sont les symptômes qui l’accompagnent qui orientent l’urgence. Voici les signaux qui doivent déclencher une consultation rapide :
- Désorientation ou errance inhabituelle, le chat se cogne aux meubles ou hésite avant de sauter
- Vomissements, bave excessive ou perte d’appétit apparaissant en même temps que la mydriase
- Baisse brutale de vision, repérable quand le chat ne suit plus un objet en mouvement devant ses yeux
- Pupilles qui ne se contractent pas du tout quand on dirige une lampe vers l’œil
Une dilatation persistante en pleine lumière, même isolée, justifie un avis vétérinaire dans la journée.
Causes émotionnelles et physiologiques de la dilatation pupillaire du chat
Toutes les mydriases ne relèvent pas d’une pathologie. Le système nerveux autonome du chat contrôle la taille de ses pupilles en réponse à des stimuli variés.
Un chat en phase de jeu intense, de chasse ou de peur aura les pupilles largement dilatées. C’est une réaction normale du système sympathique, qui prépare l’animal à réagir. Cette dilatation est transitoire : elle disparaît en quelques minutes une fois le stimulus passé.
Deux contextes physiologiques sont moins connus. Une anesthésie récente peut provoquer une mydriase qui persiste plusieurs heures après le réveil du chat. Le vieillissement, par atrophie progressive des muscles de l’iris, peut aussi entraîner des pupilles plus larges qu’à l’habitude, sans que cela traduise une maladie aiguë.
Distinguer mydriase normale et mydriase pathologique
Le critère déterminant est la durée et le contexte lumineux. Des pupilles dilatées dans la pénombre ou lors d’une séance de jeu ne posent aucun problème. Des pupilles qui restent rondes et larges sous un éclairage direct, sans stimulus émotionnel identifiable, pendant plus d’une heure, constituent un signe anormal.

Examen vétérinaire des yeux du chat : ce qui est recherché
Le diagnostic ne se limite pas au constat d’une pupille dilatée. Le vétérinaire mène un examen structuré pour remonter à la cause.
L’examen ophtalmologique direct permet de vérifier l’état de la rétine, de détecter un éventuel glaucome (pression intraoculaire élevée) ou une uvéite (inflammation interne de l’œil). Le test du réflexe pupillaire, réalisé avec une source lumineuse, évalue la réactivité de chaque pupille indépendamment.
Si l’examen oculaire ne révèle rien, le vétérinaire élargit l’investigation. Une prise de sang permet de rechercher une hyperthyroïdie ou une insuffisance rénale. La mesure de la tension artérielle vient compléter le bilan, surtout chez un chat de plus de sept ans.
Dans les cas où une atteinte neurologique est suspectée (anisocorie, tremblements, perte d’équilibre), un examen neurologique plus poussé, voire une imagerie, peut être proposé.
Conduite à tenir face à un chat avec une pupille dilatée
L’approche dépend entièrement du tableau clinique global. Voici comment évaluer la situation :
- Mydriase bilatérale brève après un jeu ou un stress identifié : pas d’urgence, surveiller le retour à la normale
- Mydriase bilatérale persistante en pleine lumière, chat calme : consultation vétérinaire dans la journée
- Anisocorie (une seule pupille dilatée), avec ou sans autres symptômes : consultation vétérinaire urgente
- Mydriase associée à des vomissements, une désorientation ou une perte de vision : urgence vétérinaire immédiate
En attendant la consultation, garder le chat dans un environnement calme et peu lumineux réduit la sollicitation de ses yeux. Éviter de le manipuler excessivement, car un chat qui voit mal peut réagir de façon défensive.
La pupille dilatée chez un chat malade n’est pas un diagnostic en soi, mais un signal. Plus le vétérinaire intervient tôt, notamment en cas d’hypertension ou de glaucome, plus les chances de préserver la vision du chat restent élevées. Un chat âgé dont les pupilles changent brutalement de comportement mérite toujours un bilan complet, même si son état général semble encore acceptable.

